le Mali à vélo

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Ségou à 150 km

Lundi, février 4th, 2008

Bivouac ce week-end à Massina, à l’est de Ségou au bord du Niger. Il fait très chaud. Début de journée à 6h du matin pour pédaler à la fraîche. La pastèque apporte une petite variante au traditionnel plat pâtes-poisson. Ségou n’est plus qu’à 150 kilomètres. Toujours pas de vraies rencontres, mais du sport oui !
Textos de Seb reçus ce week-end.
Aurélie

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Sur les traces de René Caillé

Lundi, février 4th, 2008

J’ai apporté dans mes sacoches « L’esclave de Dieu » de Roger Frison Roche. Il y relate l’histoire de René Caillé, premier européen à s’être rendu à Tombouctou et à en être revenu. Il décrit la région de Djenné où je suis actuellement :

« Il suivait la troupe comme un somnambule, lassé de cette marche sans fin dans un paysage sans cesse recommencé, à travers une savane sèche plantée de mimosas sous lesquels croissaient les hautes herbes à éléphants. »

Nous traversons les mêmes paysages désolés. C’est en effet lassant et les villages sont notre seule distraction. Hélas, la vue de ses pauvres endroits reculés est triste. Les cases rectangulaires, faites de briques séchées et couvertes d’une terrasse, se regroupent autour d’un puis pour y survivre. Rien ne semble avoir changé depuis des siècles. Nous avons le sentiment d’être des extraterrestres lorsque nous quémandons un peu d’eau.

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Entre deux séances de pédalage intense, l’heure est à la lecture et à la réflexion…

Les villes ne sont pas beaucoup mieux. Il n’y a aucune organisation. Le tout à l’égout est au milieu des rues. Chacun se débrouille pour gagner quelques francs. Les ferrailleurs dépieutent les carcasses de camions abandonnés pour en faire des louches, des casseroles. Des femmes vendent des beignets frits dans l’huile. Les enfants réclament des bouteilles vides pour les revendre remplies par la suite.

Dans ces conditions, il est très difficile de faire des rencontres désintéressées. Les blancs sont riches et sont une source de rentrée d’argent plus sûre que n’importe quel autre commerce. Je me pose beaucoup de questions quant à l’intérêt de ce voyage. J’ai le sentiment d’être venu observer la misère de la même façon que je me rendrais dans un safari pour y voir des animaux. Au milieu de tout ça j’essaie d’être discret. Je laisse mon équipement photo dans les sacoches.

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Hombori à Douentza : trois premiers jours difficiles

Lundi, janvier 28th, 2008

On nous avait prévenus : anti-moustique en 5 exemplaires, des médicaments pouvant guérir un village entier et surtout des précautions parce que dans le nord du pays…ça craint ! Au lieu de ça, j’attrape la crève par surprise, on ne récolte que de larges sourires en récompense de nos coups de pédales et la sécheresse totale de cette région rend impossible la survie d’un seul moustique…

On ne s’attendait pas à ça. Un excès de confiance et d’excitation à monter de nouveau nos fidèles montures nous en a fait oublié l’essentiel : prendre de la nourriture dès que possible. Nous partons avec une maigre réserve de riz et de pâtes et quelques morceaux de pain. Sur la route, nous ne trouvons rien à manger à part de malheureux biscuits secs sans goût.

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Avec ou sans rhume, garder la classe…

1er JOUR : LA DECOUVERTE !

Hombori est village au milieu de sortes de pics rocheux de plus de 1000m d’altitude. Ceux-ci rivalisent de beauté avec ceux de l’Arizona (est-en Arizona ??). J’ai du mal à apprécier le spectacle tellement ma crève m’a mis à plat. J’ai chaud, très chaud et au moindre coup de vent je grelotte de froid. Le moindre mouvement me fatigue mais je me force à avancer lentement parce que rester à l’ombre d’un arbre et attendre n’arrangera rien.

Le 1er jour est aussi la découverte des bonjours. “Salam Aleikoum, ça va bien”, etc. qui s’échangent à chaque personne rencontrée. Un accueil déjà vécu au Maroc mais ici absolument tout le monde nous salue avec un large sourire même de très loin. Les enfants se précipitent vers nous en criant « toubabou ! toubabou ! » (un blanc ! un blanc !)
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Christophe et ses nouvelles copines.
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Le far west ? Non, les roches d’Hombori.
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Une route qui invite à la méditation.
2ème JOUR

Nos réserves d’eau s’épuisent et le riz sans sel c’est vraiment pas bon…Nous nous renseignons sur la prochain « alimentation » (épicerie). Mais les réponses nous laissent perplexes. Il devient une évidence qu’on n’en trouverons pas dans les petits villages bordant la route. Mais on trouvera plus surement de l’eau.
A l’entrée du village il faut saluer les anciens qui semblent surveiller les allers et venues. Ensuite on se présente au chef, soit c’est lui qui vient à nous. Il faut alors se saluer pendant une bonne minute en s’échangeant des « ça va, ça va bien, la famille tout va bien, etc. » en se serrant la main avec franchise. On nous conduit ensuite au forage grâce auquel le village survit. Certains se lavent, les enfants jouent, d’autres s’occupent de remplir des jerricans de 20 litres d’eau.
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Un village sur la route. Ce n’est pas ici que nous trouverons des Vache Qui Rit…

Nous quittons ce village qui nous a paru d’un autre temps, non sans avoir demandé où acheter à manger. Hélas, rien. Absolument rien à manger mis à part de malheureux biscuits secs. On prend alors conscience que la nourriture va être la vraie contrainte de notre voyage.

Le soir, à 18h30, le campement est monté et nous sommes prêts à dormir. Nous commençons à pédaler dès l’aube. Je me shoot au Fervex et aux antibiotiques dans l’espoir que ma crève passe. Elle m’épuise et voilà seulement deux jours de vélo de passés.

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Le repos des guerriers.

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Région de Hombori, à faire pâlir Sergio Leone.
3ème JOUR

Il ne nous restait plus que 20km jusque Douentza mais une petite réparation de crevaison retarda notre arrivée. Nous atterrissons finalement dans une ville. Enfin nous pouvons acheter des provisions : pâtes, riz, sardines en boîte et dattes. Repos pour aujourd’hui car demain c’est de la piste et du sable en direction du pays Dogon.
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Tout près de Douentza

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