Corée du sud

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Un orage sur la plage

Vendredi, juin 15th, 2007

(texte d’Aurélie : http://reverdebout.wordpress.com)
Je n’avais même pas remarqué la plage que je découvrais maintenant, très longue et de couleur grise. Sur cette plaine de sable déserte, longeant le bord de la mer, je repérais les traces d’un oiseau et les empreintes des pieds d’une seule personne. Au bord de l’eau, je suivis les traces distinctes et profondes de hauts talons. L’hôtel que j’avais quitté paraissait maintenant tout petit. C’est à ce moment que je vis, surgissant derrière un rocher, un minuscule point noir qui venait lentement en ma direction : c’était ma femme.

plage-deachon
réalisée sans trucage - photo : sébastien rambour

Je venais de refermer sur ces dernières lignes le livre de la coréenne Jung-Hi Oh, L’âme du vent. Le bus était arrivé à son terminus, la plage de Deachon. Le trajet depuis Teajon avait été ensoleillé. A travers les vitres, j’avais regardé défiler les plaines, les yeux plissés par la luminosité, somnolant à demi, bercée par une douce chaleur. Mais à peine descendue que déjà le ciel s’assombrissait dangereusement. En quelques minutes, un vent violent s’est réveillé, amenant tempête, pluie et grondements d’orage.
En été très fréquentée, Deachon reste en sommeil le reste de l’année. Quelques couples à la recherche de la solitude sont venus comme nous y trouver un souffle de nature. Comme En-Sou dans mon livre, les femmes sont en hauts talons et laissent le vent agiter leur crinière. Comme dans l’histoire, l’air y est dramatique, presque fantastique, mélancolique. Nous sommes restés sur la plage jusqu’aux premières gouttes, défiant le ciel en colère, pour écouter les vagues se fracasser, entendre nos semelles frotter le sable et sentir le vent cingler nos lobes.
On a fini par se réfugier dans un restaurant de poisson cru qui donne sur la plage. Du premier étage, la pluie battante sur les vitres, le ciel devenu nuit noire et la mer déchaînée furent un spectacle magique. Une heure plus tard, le soleil perça et tout redevint lumineux. De jeunes Co

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Marché de Gyeong dong - médecine traditionnelle

Vendredi, mai 11th, 2007

(texte et photo d’Aurélie : http://reverdebout.wordpress.com)

Une éducation “socialiste” version lavage de cerveau, une censure de toute information “dissidente” (wikipedia, les blogs, le journal de France2, etc.) et de faibles possibilités de séjours à l’étranger (cher et visa très souvent refusé) : tout ça ne facilite ni n’encourage la créativité des jeunes Chinois. Pourtant, quelques uns, souvent issus de familles aisées et ayant reçu une éducation privilégiée, font figure d’exception. La maîtrise de l’anglais leur ouvre les portes du dialogue avec les étrangers en Chine. Cultivés et riches de l’histoire culturelle incomparable de leur pays, ceux qui arrivent à dépasser le système de pensée construit sur la reproduction se révèlent être des artistes particulièrement talentueux : musique, arts plastiques, design, etc.

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He Yan, designer de mode

Par exemple, Jie Zhu a ouvert un espace culturel où elle dispense des cours de cuisine, de culture et langue chinoise. Dans cette petite maison avec jardin dans le quartier des anciennes concessions françaises, toute personne ayant un projet culturel, professionnel ou non, y est bienvenu. On peut y tenir résidence pour réaliser son projet, proposer une performance dans les locaux ou simplement y exposer et vendre ses créations.

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Séoul : Instantanées

Lundi, avril 2nd, 2007


Une amie d’origine Coréenne avait tenté en vain de me donner un aperçu de ce pays lointain. Je ne lis rien sur les pays que je traverse avant de m’y rendre. Une manière de laisser la place à une découverte du pays sans préjugés. J’en sais donc peu sur la Corée du sud mis à part les jeux olympiques d’été de Séoul en 1996. A cette date, le nom de cette ville résonnait en moi comme un monde lointain et inaccessible…
Aujourd’hui je parcours ses rues, ses avenues, côtoie ses habitants, ses marchands et son ambiance. Séoul se présente à moi comme une énorme termitière Je ne peux m’empêcher de la comparer à Sao Paulo ou Shanghai et pourtant elle se révèle être si différente ! Aux abords de la mégalopole, on ne voit pas de bidonvilles mais d’énormes quartiers composés d’immeubles où seuls les numéros permettent de les différencier. Ces quartiers n’ont pas d’âmes, les énormes bâtiments de plus de 20 étages se regroupent par paquets de cinquante.

Par opposition, les zones commerçantes sont remplies de couleurs et d’animation. Aux hasards des rues, les commerces envahissent les immeubles en entier. Ceux du RDC débordent sur la moitié du trottoir afin d’attirer la foule à détourner ses pas vers eux. Ceux des différents étages accrochent le regard des passants en rivalisant d’enseignes plus clignotantes et plus colorées les unes des autres …
vente-dvd-seoulDans les rues les plus fréquentées, un dernier bout de trottoir est occupé par des guinguettes parfaitement organisées qui vendent une large variété de plats : poisson, beignets, brochettes, gaufres, fruits, sushi, etc. On peut manger ainsi à toute heure. La vie ne s’arrête jamais, les commerces semblent ne jamais fermer. Les travailleurs matinaux croisent les plus tardifs. Les adeptes du lèche vitrine nocturne se mêlent à la foule d’étudiants saoul de sodju (alcool de riz). Les heures de pointes s’étalent de 18h à minuit… Les larges, rapides et silencieuses rames ne cessent de déplacer des milliers de personnes à la seconde. On s’entasse avec une certaine courtoisie. Le contact proche est exceptionnellement toléré mais dès l’ouverture des portes, on se rue pour retrouver son espace vital. A la  sortie de la bouche de métro, les petites échoppes vendent la dernière collation derrière de longues et parfaites files d’attente de plusieurs dizaines de personnes. Pour certain, c’est dans un DVD bang qu’ils la mangeront. On y choisit son film avant de s’installer confortablement dans une salle individuel pour le visionner.
portable-et-rue-de-seoul

Les quelques 10 millions d’habitants séoulites consomment frénétiquement jusqu’à épuisement.  Leur téléphone portable en est la meilleure caricature. Rivés à leurs écrans, ils regardent la télévision, écoutent la radio, jouent à des jeux, dialoguent par texto en écrivant à une vitesse frôlant l’entorse… Dans le métro, le bus, en marchant, en mangeant, le téléphone portable est leur principal compagnon ! On est à l’opposé d’une prise de conscience anti-consommation …

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