Je retrouve Tim et son vélo noir « red bull » à Antofagasta, ville de 300 000 habitants, sans charme, bordant la côte chilienne quasi à l’extrême nord. Notre plan est le suivant : premièrement traverser le désert d’Atacama dans sa largeur et par ses petites routes, puis traverser le salar d’atacama (lac de sel) pour rejoindre San pedro d’Atacama et prendre la route vers la Bolivie en passant par les geysers de Tatio.
Désert d’Aacama, 3 jours, 150 km, de 0 à 3000m d’altitude.
Ce désert est le plus arride au monde. Nous pédalons le premier jour en compagnie d’un cycliste quinquagénaire pour quitter Antofagasta et rejoindre une nouvelle fois la panaméricaine. Il ne faut parcourir que 10km vers l’intérieur du pays pour se retrouver en plein désert mais hélas pour mes mollets il faut avant tout traverser la cordillère de la côte. Nous trouvons refuge dans une usine de réparation d’engins de mine. Les mines représentent ici la principale activité et nombreux chiliens migrent au nord du pays dans l’espoir d’y trouver du travail. Les ouvriers nous tendent sandwichs et boissons a profusion.
Le lendemain, nous prenons les derniers conseils pour notre route avant de laisser définitivement l’autoroute chilienne derrière nous et nous enfoncer vers le désert. Par chance, la route est bonne et nous atteignons une mine de cuivre pour y passer la soirée, seul point de ravitaillement possible et dernier endroit où rencontrer des gens. Hélas le « chef » ne nous laisse pas rentrer pour des « raisons de sécurité ». C’est la première fois que je reçois une telle réponse de la part d’un sud américain… Heureusement, 30 minutes plus tard, les gardes nous réconforte en nous offrant un menu complet et en insistant pour nous faire rentrer, le chef ayant changé d’avis ! La nuit est fraîche et repose nos corps brûlant du soleil de la journée.
En quittant la mine, nous sommes bel et bien livrés à nous même pour 2 longues journées de vélo. Nous passons un col à 2400 m puis un autre à 3000 m, ceux-ci sont un entraînement pour le futur altiplano de Bolivie (entre 4000 et 5000m). Le denier col franchit nous offre une vue surprenante avec à nos pieds le salar et sa blancheur et face à nous une rangée d’une vingtaine de volcans (frontière avec l’Argentine) chacun orné d’un chapeau neige. La descente vers le salar est un pur plaisir, récompense de deux jours d’ascension.
Le salar d’atacama, lac salé au sud de San Pedro d’Atacama (nord du chili).
Ancien lac dont l’eau s’est totalement évaporée pour laisser place à un désert de sel. La route est plate et rectiligne à en dormir sur le vélo. Autour de nous, sous forme de terre labourée ou de grandes plaques, du sel à perte de vue. Notre bivouac est rudimentaire : un surface juste suffisante pour mettre nos 2 sacs de couchage. Par contre, le couché du soleil nous offre un fabuleux spectacle en enflammant les sommets de la chaîne de volcans qui nous fait face.
La matinée suivante, la même route de sel nous conduit facilement à Peine, village au milieu d’un oasis aux rues calmes et ombragées. Ravitaillés et reposés nous continuons notre route vers le Parc National de los flamencos. Nous arrivons pour le coucher du soleil et le garde nous offre une pièce pour dormir et nous laisse seul avec les flamants roses qui ne cesseront de jacasser toute la nuit. A la fraîche, nous leur rendons visite et ils nous présentent leurs plus belles couleurs au contact des premiers rayons de soleil. Nous quittons cet endroit paisible et par la même occasion le salar d’atacama pour rejoindre la civilisation et le village de San Pedro de Atacama. Haut lieu du tourisme chilien et internationnal, San Pedro a su garder un minimum d’authenticité avec son architecture au mur de terre et ses rues poussiéreuses. Nous rencontrons ici 2 cyclistes, Roberts et Christophe, et passons la soirée ensemble dans la vallée de la Luna. Depuis ces dunes de sable, nous prenons la route vers les geysers del Tatio.
Geysers del Tatio, 4 jours, de 2400 à 4500 d’altitude, de-12ºC à 30ºC.
Nous avons des difficultés à obtenir des informations précises sur la route et les possibilités de ravitaillement mais nous apprenons quand même qu’il nous faudra franchir 2 cols à 4500m d’altitude, que la température peut atteindre les -20ºC et qu’il ne sera pas difficile de trouver de l’eau puisqu’il vient de neiger… En deux jours, nous parcourons 40km (une moyenne de 4km/h…), et montons de 2000m en altitude.
Le jour suivant, le chemin se transforme en piste de sable, les effets de l’altitude pompent mon énergie et ma motivation, le moindre effort fait raisonner mon cœur violemment dans ma tête, les cols sont parmi les plus difficiles jamais rencontrés (l’un d’entre eux s’appelle : « cuesta el diablo » ) et me contraignent à pousser difficilement mon vélo pendant parfois plusieurs kilomètres. C’est à ce moment que Erika et Bruno, à bord de leur camping car « Mercedes Unimog » nous proposent un coup de main pour les derniers kilomètres. Confortablement installé sur de larges banquettes, nous atteignons facilement el Tatio.
Les geysers, situés sur un plateau à 4300m sont entourés d’un cirque de volcans culminant à plus de 5000m d’altitude. Ils crachent en permanence une eau à plus de 85ºC, réchauffée par le magma souterrain qui remonte proche de la surface de la terre par le biais de fissures. Nous sommes seuls et profitons allègrement d’une retenue d’eau chaude alimentée par plusieurs geysers. Le site est parfait pour camper : de l’eau chaude en permanence, une piscine chauffée pour nous tout seul dans un paysage grandiose, et même un coin cuisine (voir photo) ! Mais hélas les nuits sont fraîches et le thermomètre descend largement en dessous de zéro dès que le soleil s’enfuit. Ces nuits froides clouent Tim dans la tente au matin du 3º jour. Je demande à des touristes chiliens s’ils peuvent nous déposer à San Pedro avec leur pick-up et en 2 heures nous sommes de retour dans notre camping de la semaine dernière. Tim y dort pendant un jour et demi et nous choisissons, pour la suite de nos aventures de louer une jeep pour nous rendre en Bolivie : 2 jours de Jeep à la place de 8 jours de vélo…

Vallée de la luna

Campement dans la vallée de la Luna

Route de sable, le bonheur des cyclistes chargés…

Tim ex-star du BMX.

La route vers les geysers el tatio

Cuesta el diablo, ma pire journée à vélo…

4000m d’altitude… et à vélo !

Paysage d’altiplano à 4500m

Balade à vélo près des geysers

Balade à vélo près des geysers

Geyser

Couleurs volcaniques.

Bain à 4300m d’altitude alors qu’il fait 3ºC dehors !

Les geysers au petit matin

-12ºC …. Ça pelle !

Coin cuisine

On a les glaçons pour le pastis !