2006

...lecture par année

 

Haut et Moyen Atlas

Mardi, avril 4th, 2006

Le Haut Atlas. Rien que le nom effraie Mitch !

Les informations que nous glanons promettent des journées difficiles : « Là-bas, il n’y a rien, que des montagnes ! Tu vas trouver de la neige, des pistes défoncées et de la boue. Et puis ça monte à plus de 3000. » Nous ne sommes pas rassurés mais nos sacoches remplies de courage, nous affrontons les premières montées en quittant Goulmina. Nous sommes invités à boire un thé par un couple de Français (surnommés Papy et Mamy) après 10 kilomètres de route. Nous décidons de ne repartir que le lendemain. Puis nous repoussons l’échéance de nouveau. Mardi, ça y est, enfin nous sommes sur la route. La piste est bonne, quelle heureuse surprise ! Mieux, nous retrouvons le goudron 40 kilomètres plus loin…Décidément, les Berbères ne connaissent pas leur région ! En quelques jours nous venons à bout du Haut Atlas, en passant à 2700 mètres. Nous nous enfonçons ensuite dans les versants verdoyants du Moyen Atlas. Quel spectacle ! Mais, paradoxalement, c’est ici que les pentes nous feront le plus souffrir.

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Au hasard des ruelles d’un ksar, je me rappelle les conseils donnés par mon « prof » de photo.

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Chez « Papy et Mamy ». Ils construisent une auberge qui va devenir, à coup sûr, un gîte incontournable.

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Notre route s’enfonce au milieu de ces gorges.

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Pistes et montagnes pelées d’aridité dans le Haut Atlas.

Le luxe ce soir ! Une baraque de pierres en guise de campement.

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Ici, c’est tellement pauvre que les femmes ne possèdent pas d’ânes pour transporter l’herbe. Alors elles le font elles-mêmes. Je pense aux manifestations en France qui dénoncent la précarité de l’emploi.

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Agoudal, 2500 mètres d’altitude. Des femmes lavent leur linge.

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A l’abri du vent et du soleil grâce à Mitch ! Les dattes sont nos seules sucreries mais on ne s’en lasse pas !

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Juste avant Imilchi.

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Nous descendons le Moyen Atlas. On se croit en Savoie. Le nouveau cycliste, c’est Peter…toute une histoire ! Pour les curieux, cherchez dans la page « Sud Lipez » d’Amérique du Sud (Bolivie).

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Campement au bord d’un ruisseau. Les jolies colonies de vacances, merci papa merci maman…

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Lac Bin El Ouidane, un paradis méconnu…

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Beni Mellal

Mardi, avril 4th, 2006

Lundi 3 avril, 21h. Adossé à un lit dans l’ hôtel Saadâ, je prends mon carnet de notes pour y laisser quelques traces de ma journée.

Ce matin, le réveil fut dur. Nous avons dormi dans un endroit somptueux au bord d’ un lac mais des centaines de crapauds nous ont tenu compagnie en coassant toute la nuit. Les regonflages réguliers, en pleins songes, de mon matelas crevé, ne m’ ont pas aidé à récupérer de la journée de vélo. Pour couronner le tout, une bonne tourista m’ a rappelé les joies du camping sauvage… Mais le soleil est là, nous avons de la route et surtout un col à franchir. Alors je range mon matelas, mon sac de couchage, ma tente et je chauffe une gamelle d’ eau pour le petit déjeuner. Café en poudre, lait en poudre, pain et confiture maison. Je traîne une petite théière dans mes sacs mais j’ ai fait une overdose de thé à la menthe…Ensuite, il faut que tout tienne dans les sacoches. Le réchaud s’ ajuste dans la gamelle, le beurre dans la théière. Le sac vert c’ est tout le sucré, le noir les pâtes et le riz, le jaune les épices, et ainsi de suite. Tout est méthodiquement rangé.

C’ est avec peu de motivation que je mets les pieds sur les pédales ce matin. Je me sens faible et la chaleur m’ accable. Mais le paysage me donne un peu de courage. Aujourd’hui c’ est de la descente jusqu’ à la plaine quelques 500 mètres plus bas mais il faut d’ abord franchir un col dont la hauteur nous est encore inconnue…Dans un rythme tenant du réflexe, je monte. Christophe me suit et nous faisons de nombreuses pauses. Nous n’ en revenons pas ! Pourquoi cette route monte-t-elle autant ? A 13h et après trois heures d’ acharnement, nous passons le col à 1400 mètres. Ce n’ est pas haut, comparé aux 2700 mètres de jeudi, mais la fatigue et la chaleur compliquent la tâche. Pause midi à l’ ombre de chênes verts. Riz, olives fraîches et thon mais pour moi le riz suffit…je tente de me soigner. Après une courte sieste, c’ est l’ heure de la descente. De 1400 mètres, nous tombons directement à 600 mètres en seulement 15 kilomètres !

C’ est le bonheur et une belle récompense à nos efforts. Le Haut Atlas et Moyen Atlas sont maintenant franchis. Je vois ses contreforts dans mon rétro et j’ éprouve déjà de la nostalgie depuis la route polluée qui m’ emmène à Beni Mellal (axe Marrakech - Beni Mellal).

Cette ville nous accueille avec indifférence. Nous sommes perdus et n’ avons plus l’ habitude de la « civilisation ». Le bruit m’agresse, la pollution me fait tousser et mes yeux se perdent dans cette opulence de gens et de béton. La nature me manque déjà. Christophe trouve un hôtel. A peine arrivé, je fonce sur Internet prendre des nouvelles. Voilà une semaine que je suis coupé de la France (en partie) et j’ ai l’impression que ça fait un mois. Je m’ attends à une profusion de mails et commentaires. C’est toujours moins qu’ espéré mais c’est déjà très bien.

Campement au bord du lac.

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Un des coupables de notre insomnie.

Rencontres, encore et encore.

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Descente…

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Route de Beni Mellal. Pollution, trafic, bruit…C’était bien, la montagne.

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Poursuite Infernale

Mercredi, mars 29th, 2006

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Il est 17h, grand temps pour nous de chercher un endroit pour dormir car le soleil entame sa chute vers la nuit. Nous avons quitté le dernier bled (Rissani) pour prendre la route vers Erfoud dans le but de camper au milieu d’une palmeraie, à l’écart de la « civilisation ». Souvent les chemins qui croisent les axes routiers sont de bonnes opportunités pour trouver une étendue d’herbe pour nos tentes. Nous trouvons bien quelques endroits paisibles mais nous jouons les difficiles. Notre chemin nous conduit ensuite vers un village qui n’en finit pas de se prolonger encore et encore. C’est sûr, ce n’est pas ici que nous allons être au calme… A raison de sept enfants par famille en moyenne, les villages sont surpeuplés de bambins qui grouillent partout. C’est très « vivant ». Alors que nous le visitons, ce village nous surprend également. Le temps semble s’être arrêté ici. La vielle place de la mosquée respire la sagesse des vieux qui la remplissent. Dans les ruelles, les effluves de tajines se mêlent à la poussière des maisons de terre. Nous devons maintenant accélérer, il fait nuit à 18h30!  Comble du sort, nous aboutissons à un cul de sac. Les rires des enfants que nous avions semés nous rattrapent et d’autres les ont rejoints. Les vieux devaient bien rire en nous voyant passer et les paris ont dû fuser pour savoir avec combien d’enfants nous reviendrions à nos trousses.

C’est le début de la poursuite infernale. Nous traînons derrière nous une trentaine d’enfants qui courent, crient et rigolent. Les vieux nous voient repasser et rigolent aussi. Nous sommes l’attraction de la journée (ou du mois peut-être). Accélérations, sprint, doublements, tout cela nous amuse beaucoup jusqu’à ce que nous réalisions que notre cortège ne nous lâche plus… Le village distant de plusieurs kilomètres, les plus acharnés ont tenu le coup et nos lourdes montures ne font pas le poids face à leurs jambes toniques et leurs vélos tout légers. Dans un effort ultime, nous lançons le sprint final. Le but est de les semer. Nous maintenons une visite élevée et au moment où nous les perdons de vue, nous tournons dans un champ pour nous y cacher ! Epuisés, nous avons réussi. Il fait quasiment  noir et nous n’avons pas d’autres possibilités que de camper là où nous nous cachons, sur un petit bout de terre à cinquante mètres de la route principale…

Je pense alors à ce proverbe : « à vouloir mieux on a de fortes chances de tout perdre ».

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