2005

...lecture par année

 

Patagonie : le royaume du Trek

Mercredi, mai 25th, 2005

Petit cours de géographie, pour mettre les choses au clair :

La Patagonie est partagée entre l’Argentine (au sud de Bariloche) et le Chili (au sud de Puerto Mont).
La Terre de feu est une île située en Patagonie à son extrème sud. Elle est également partagée entre l’Argentine et le Chili.

Torres del Paine (Chili, près de Punta Arenas en Patagonie)

Ce parc est un paradis pour les randonneurs internationaux : lacs turquoises, montagnes aux formes dignes d’un tableau de Dali et glaciers somptueux.
Je prends mon courage à deux mains et monte à l’aube au point culminant de la “valle del francès”. Résultat : une tendinite mais j’ai mes photos !

IMG_4125_ (2)

IMG_4198_ (4)

IMG_4102_ (1)


El Calafate : le glacier Perito Moreno (Argentine, Patagonie)
Imposant impressionnant et magique. D’immenses blocs de glace plongent dans le lac en se détachant dans un bruit assourdissant.

pano_calafate


El Chalten : Le Fitz Roy (Argentine, Patagonie)
El Chalten (la montagne qui fume en indien) est un village au pied du mont Fitz Roy. Ce sommet est reconnu comme l’un des plus difficile à atteindre au monde. Mais cette chaîne de montagnes est également l’une des plus fascinante.

IMG_4306_ (5)

IMG_4319_ (7)

IMG_4366_ (8)

IMG_4435_ (9)

* = champs requis

Poster un commentaire








Ascenscion de l’HUAYNA POTOSI, 6088m

Vendredi, mai 20th, 2005

huayana_chemin

Après plusieurs semaines passées à plus de 4000m d’altitude (moyenne de l’altiplano) et quelques passages à 5000m, les sommets aux alentours m’attirent inéluctablement. Tim lance l’idée le premier : “Et si on montait au Licancabur ?”. Nous sommes  au sud de la Bolivie et ce volcan culmine à quasi 6000m. L’idée est encore fraîche et je propose à Tim de laisser mûrir ce projet. Quelques jours plus tard, Steve et Géraldine (voir page sel, sucre et argent) nous persuadent que le Huayna Potosi (6088m) est à notre portée. Cette fois-ci, le rendez-vous est pris pour ce sommet qui surplombe la ville de La Paz.

Pareils à deux gamins surexcités nous demandons les services d’un guide dès notre arrivée à La Paz et partons le soir même pour le refuge se situant à 4700m d’altitude, au pied de cet imposant sommet aux neiges éternelles. Après une journée d’acclimatation et  d’exercices sur les parois d’un glacier, nous montons au camp de base à 5100m d’altitude. Le départ est fixé à 1h du matin pour le lendemain. Je n’arrive pas à dormir, je me sens excité et angoissé comme la veille de mon départ en octobre et l’altitude semble avoir une influence  des plus néfastes sur mon organisme. Levé à minuit, je me force à avaler quelques bouts de pain mais l’appétit me fait défaut. J’enfile  mes habits les plus chauds : deux pairs de gants et trois paires de chaussettes, je chausse mes crampons et me voilà marchant sur la lune. C’est agréable, je prends plaisir à écouter le bruit des craquements de la glace sous mes pieds, à observer La Paz en contrebas et à regarder ce paysage vierge paisiblement éclairé par un limpide clair de lune. Nous arrivons tranquillement face au premier mur qui nous emmène directement à 5700m d’altitude. Je ne pense plus qu’à assurer chacun de mes pas, tout en avançant le plus lentement possible. Tim commence à souffrir également et se plaint. Pour ma part, je décide d’économiser mon souffle et de ne plus parler du tout.

Péniblement, nous atteignons la base du dernier mur : une paroi glacée de 200m de long à environ 80% de pente. Mon corps tout entier réclame de descendre à une altitude raisonnable, Tim est blême mais nous décidons d’entreprendre l’ascension de cette partie finale. Je n’ose pas regarder le sommet tellement celui-ci me parait loin. J’ai l’impression d’avoir du plomb dans les chaussures et que quelqu’un m’écrase la tête dans un étau. Tim a de plus en plus de mal et pour couronner le tout,  casse ses crampons et ne s’en rendra compte que 10 minutes plus tard. Hugo, notre guide, les retrouve 20 mètres plus bas et se demande comment il a pu continuer de monter sans ceux-ci. Ce dernier me confira plus tard qu’à ce moment précis, son cerveau ne coordonnait plus ses gestes et pensées… L’attente est terrible et je m’agrippe du mieux que je peux à mon piolet. Nous repartons pour seulement cinquante mètres, nouvelle casse ! Je n’en peux plus, je veux tout arrêter mais nous sommes encordés et devons donc monter au même rythme. Cette nouvelle réparation doit nous emmener au sommet, je ne supporterai pas une nouvelle attente pendu à mon piolet.

Lentement, nous nous rapprochons de notre but, vingt centimètres par vingt centimètres. Les larmes coulent sur mon visage tandis que le soleil se lève dans mon dos. Je ne sais pas si ce sont des larmes de joies ou de fatigue. Il ne reste plus qu’un mètre ! Je hurle à Tim de me laisser du mou et suis envahi alors par la joie que procure l’arrivée à un sommet : un énorme soulagement. Face à moi, ou plutôt sous mes pieds, s’étendent les Yungas (partie amazonienne de la Bolivie)  de l’autre côté j’admire l’altiplano du lac Titicaca (après un vide abrupte de plus de 2000m). Je suis à bout et n’arrive pas à avaler quoi que ce soit.  Même le fait de prendre des photos est un effort insurmontable mais je me pousse à immortaliser ce moment.

Il nous faudra seulement deux heures pour redescendre les sept heures de montée. L’appétit revient et, avec lui, vient le plaisir d’avoir accomplit cette ascension

IMG_0255
Entraînement à 5000m

IMG_0271
Camp de base à 5200m. Au fond : le sommet.

IMG_0289
Voilà l’équipe à une heure du matin : Vincenzo (notre cuistot), Tim et Hugo (notre guide).

IMG_0293
Il est deux heure du matin et j’ai encore la force de prendre des photos.

IMG_0302
Première casse de crampon sur le dernier mur.

IMG_0312
Sommet, enfin !

IMG_0310
Hugo

IMG_0319
La descente: presque aussi dure que la montée

IMG_0329
Toujours pendant la descente, Tim récupère tout doucement.

IMG_0333
De retour au refuge, l’esprit encore confut je prend ma raclée aux échecs.

* = champs requis

Poster un commentaire








Sel Sucre et Argent

Vendredi, mai 20th, 2005

Dès mon entrée en Bolivie, je suis fasciné par ce pays, son histoire et son peuple. Huit millions d’habitants dont six millions d’indiens : Aymara, Quechua, Guarani, Tocaña, Essejas, etc. Tous radicalement différents : couleur de peau, langue, traditions et coutumes. J’ai le sentiment, pour la première fois depuis que je suis en Amérique du sud, de me sentir réellement dépaysé. La Bolivie a su garder une authenticité rare et se préserver pour le moment du tourisme de masse. Ce dernier n’est de toute manière pas très attiré pour le moment car l’instabilité politique actuelle ne rend pas le pays très n accueillant.

Pour preuve, mes premiers jours en Bolivie sont  ponctués par les premières manifestations contre le gouvernement. Je croise des touristes qui cherchent à quitter le pays au plus vite car les menaces de bloceos (blocages routiers) se font de plus en plus inquiétantes. Le peuple réclame la nationalisation de l’exploitation des hydrocarbures et, bien sûr, la tête du président. Tim et moi écoutons attentivement ces divers problèmes mais nous continuons notre route vers l’intérieur de l’altiplano,  rassurés par ne nombreuses personnes quant au laisser passer pour les cyclistes. Après avoir traversé le sud-lipez (voir page Sud Lipez), je suis contraint de rester quelques jours à Uyuni, Tim a une tourista conséquente… J’en profite donc pour m’imprégner des couleurs locales et, à longueur de journée, je croise des femmes aux visages marqués par la dureté du climat de l’altiplano, portant des enfants dans des ponchos aux couleurs de leur village et ornant fièrement des chapeaux melon ou haut de forme suivant leurs origines. La rue est animée par les télévisions que certains magasins disposent gracieusement dans la rue pour la joie des passants qui  demeurent de longues heures devant le poste. La télé est un luxe dans cette région. La place centrale est elle animée par les vendeuses de jus de fruits qui transforment, en soirée, leur accueillants bancs en petite caravane pour vendre cette fois-ci de très basiques sandwichs. J’aperçois souvent, au fond de la minuscule caravane, un enfant en très bas âge réclamant le confort de sa mère trop occupée.

Toutes mes habitudes sont  une fois de plus bouleversées comme à chaque fois que je visite un pays, tout se vend dans la rue et il faut connaître les bons coins pour trouver ce qu’on cherche ! Je comprends vite qu’il me sera plus simple et bien moins cher de manger dans les gargotes proposant les traditionnels poulet/riz. Tim se remet difficilement de sa maladie et il n’est pas simple de faire des rencontres ici : les boliviens sont très timides et j’ai parfois le sentiment de tourner en rond ! Mais heureusement Peter, que nous avons rencontré il y a une semaine au camping de San Pedro de Atacama, nous retrouve ici. Nous passons la soirée à partager un pollo broaster (poulet/riz) et nos traversés respectives du Salar.

C’est au moment où je décide de prendre la route seul que Tim se sent mieux et nous prenons alors un bus vers Potosi (nous laissons le vélo de côté tant que Tim n’est pas au top). Potosi et son célèbre “Cerro Rico” (sommet riche) est pleine de charme avec ses petites ruelles. J’en suis agréablement surpris mais je me sens vite oppressé dans cette ville qui grouille. Je ne suis plus habitué au bruit de la ville mais, comme par enchantement, nous croisons Steve (un français en pause) qui propose de nous héberger chez son amie. Nous sommes reçus à la française et partageons avec convivialité un bout de vie  pendant trois jours. Géraldine travaille passionnément depuis huit mois avec des adolescents dans un quartier difficile de Potosi. Steve nous promène et nous conte avec enthousiasme l’histoire de la ville.

Pendant quatre siècles, Potosi était l’eldorado, le nombril de l’Espagne coloniale. L’Europe de la renaissance et du mercantilisme n’aurait jamais connu toutes ses avancées sans l’argent que fournissaient les riches mines du Cerro Rico de Potosi. Les historiens estiment que l’Europe a reçu depuis 1545 jusqu’à l’indépendance de l’Amérique du sud quelques 50 milliards de dollars sous forme de lingots d’argent. Le rôle de la Bolivie était alors de produire des richesses pour le reste du monde, tout en restant les mains vides. Aujourd’hui Potosi est une bourgade reléguée très loin hors du temps. Les mineurs y travaillent dans des conditions encore proche de l’époque coloniale. L’extraction d’argent se poursuit à petite échelle mais ce sont l’extraction d’autres métaux (étain, plomb, zinc et cuivre) qui ont sauvé cette généreuse montagne de l’oubli.

Après l’argent de Potosi et le sel du Salar, je me rends à Sucre à vélo (capital de la Bolivie). Je suis heureux de le reprendre surtout que cette route nous emmène à 2800 m d’altitude (contre 4100 pour Potosi, ce qui en fait d’ailleurs la ville la plus haute du monde). C’est sur ce trajet que je bats mon record de vitesse : 86 km/h, toujours sur deux roues ! Je m’habitue tout doucement à la Bolivie mais je souffre toujours de voir tous ces enfants travailler à un âge où  je rentrais de l’école maternelle avec l’insouciance de l’enfance.  A mi-chemin de Sucre, nous nous arrêtons dans un minuscule bourg où un habitant nous propose de dormir à côté de l’école. Une troupe de cinq enfants nous accompagne et nous jouons avec un de mes ballons de baudruche pendant une heure avant de les laisser pour préparer notre campement de la soirée. Les enfants boliviens jouent rarement à tel point qu’on croise des panneaux publicitaires incitant les parents à jouer avec leurs enfants ! A notre réveil, l’école est étrangement vide mais je retrouve les enfants plus loin… qui aident leurs parents. Je pédale ce matin l’esprit confus par toutes ces images. Nous traversons sur notre chemin des barrages routiers, le mouvement de révolte s’intensifie. L’arrivée à Sucre est agréable, je retrouve des champs, de la verdure et des arbres ! Nous passons quelques jours dans cette grande ville en plein milieu de la fête de l’indépendance où fanfares et tambours  sont de rigueur.

IMG_0011
La ville de Potosi est bloquée par des groupes de femmes. Elles s’assoient paisiblement dans les rues principales du centre.

IMG_0005
Tim demande la permission pour prendre une photo et se retrouve au milieu d’une cinquantaine de personnes réclamant une commission.

IMG_0016
Chez Steve et Géraldine. Ces trois jours passés en leur compagnie m’ont rappelé le confort qu’apportent un toit, de l’eau, de l’électricité, une douche et un lit. En guise de cerise sur le gâteau, je me suis régalé devant une série de dvd.

IMG_0036
Place centrale de Potosi

IMG_0069

Une des nombreuses églises de Potosi.

IMG_0073
Le fameux Cerro Rico

IMG_0078
Entre Potosi et Sucre, plusieurs dizaines kilomètres de descente.

IMG_0090
Sucre et sa place centrale.

IMG_0098
Couleurs banales des marchés de Bolivie. Le plus dur a souvent été pour moi de trouver la vendeuse de l’étale.

IMG_0138
Fanfares de Sucre.

IMG_0158
Marché de Sucre.

IMG_0160
Un cycliste a toujours faim… Pensez-y le jour où vous croisez un de ces fous à vélo.

IMG_0163

* = champs requis

Poster un commentaire