mai, 2005

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Sud Lipez

Dimanche, mai 15th, 2005

Le sud-ouest bolivien se compose d’ une zone montagneuse très isolée. Le réseau routier est peu développé, la densité de la population est faible, les conditions climatiques sont rudes et imprévisibles, les infrastructures sont limitées mais les caprices géologiques de la région forment un décor surnaturel ponctué d’ imposants volcans bouillonnants, de sources et de bassins brûlants et de lacs auxquels les flamants roses, les minéraux et les algues confèrent toutes les nuances de l’ arc-en-ciel. Les salars (désert de sel) figurent parmi les terres les plus planes et les plus désolées de la planète.

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Arrivée en Bolivie avec le vent de dos, pour une fois ! Voici la frontière désertique entre le Chili et la Bolivie.

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Début des paysages magiques du sud lipez

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Laguna verde.

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Tim a la cuisine Au menu : Pâtes…pas grand chose d’ autre ici !

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Laguna verde

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Couché de soleil absolument inoubliable sur la Laguna verde gelée.

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Tim et Peter (the light Dutch guy !)

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Voila où est née l’ idée de l’ ascension d’ un “6000m”. Ce gentil monsieur me propose a ce moment de monter au Lincancabur (voir page Huayna Potosi)

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Ok c’ est pas du jeu j’ étais dans une voiture mais me voilà à la même altitude que le Mont Blanc !

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Laguna colorada qui porte bien son nom !

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Voilà un des petits villages que nous avons traversé. Au milieu du désert quelques habitants survivent ici de manière rudimentaire.

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Une photo de mon chemin. Ce n’ est pas tous les jours facile ! Loin de là d’ ailleurs…

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D’ étranges et énormes rochers au milieu du désert.

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Enfin une rivière avec un pont !

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Une petite fille dans la lumière du soir

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Après une bonne heure de négociations, cette auberge nous ouvre la porte d’ une chambre !
Ouf, pas de tente ce soir (température en dessous de zéro !).

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Mes ballons de baudruche régalent chaque enfant que je croise (jusqu’à ce qu’ils explosent…)

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La vallée des lamas.

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Coup de pouce pour la dernière partie de la route avant le salar.

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Accueil explosif par un troupeau d’ enfants dans ce village.

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Voilà toute la famille de la mama du village.

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Le salar : plat et blanc ….

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Pause déjeuner… On a pas trouvé de restaurants dans le coin.

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infiniment plat et blanc…

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Rencontre avec un couple de Colombie, de Belgique et de Suisse : le salar est un point de passage incontournable pour tout cycliste en Bolivie.

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Une île au milieu de ce désert de sel.

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Explications concernant la viande séchée de lama.

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Exercices d’ assoupissements.

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nouveau bmx trick.

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Fin de la traversée avec un nouveau superbe couché de soleil.

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Du Pacifique à la Bolivie : à travers désert, salar et geysers.

Mardi, mai 10th, 2005

Je retrouve Tim et son vélo noir « red bull » à Antofagasta, ville de 300 000 habitants, sans charme, bordant la côte chilienne quasi à l’extrême nord. Notre plan est le suivant : premièrement traverser le désert d’Atacama dans sa largeur et par ses petites routes, puis traverser le salar d’atacama (lac de sel) pour rejoindre San pedro d’Atacama et prendre la route vers la Bolivie en passant par les geysers de Tatio.

Désert d’Aacama, 3 jours, 150 km, de 0 à 3000m d’altitude.

Ce désert est le plus arride au monde. Nous pédalons le premier jour en compagnie d’un cycliste quinquagénaire pour quitter Antofagasta et rejoindre une nouvelle fois la panaméricaine. Il ne faut parcourir que 10km vers l’intérieur du pays pour se retrouver en plein désert mais hélas pour mes mollets il faut avant tout traverser la cordillère de la côte. Nous trouvons refuge dans une usine de réparation d’engins de mine. Les mines représentent ici la principale activité et nombreux chiliens migrent au nord du pays dans l’espoir d’y trouver du travail. Les ouvriers nous tendent sandwichs et boissons a profusion.

Le lendemain, nous prenons les derniers conseils pour notre route avant de laisser définitivement l’autoroute chilienne derrière nous et nous enfoncer vers le désert. Par chance, la route est bonne et nous atteignons une mine de cuivre pour y passer la soirée, seul point de ravitaillement possible et dernier endroit où rencontrer des gens. Hélas le « chef » ne nous laisse pas rentrer pour des « raisons de sécurité ». C’est la première fois que je reçois une telle réponse de la part d’un sud américain… Heureusement, 30 minutes plus tard, les gardes nous réconforte en nous offrant un menu complet et en insistant pour nous faire rentrer, le chef ayant changé d’avis ! La nuit est fraîche et repose nos corps brûlant du soleil de la journée.

En quittant la mine, nous sommes bel et bien livrés à nous même pour 2 longues journées de vélo. Nous passons un col à 2400 m puis un autre à 3000 m, ceux-ci sont un entraînement pour le futur altiplano de Bolivie (entre 4000 et 5000m). Le denier col franchit nous offre une vue surprenante avec à nos pieds le salar et sa blancheur et face à nous une rangée d’une vingtaine de volcans (frontière avec l’Argentine) chacun orné d’un chapeau neige. La descente vers le salar est un pur plaisir, récompense de deux jours d’ascension.

Le salar d’atacama, lac salé au sud de San Pedro d’Atacama (nord du chili).

Ancien lac dont l’eau s’est totalement évaporée pour laisser place à un désert de sel. La route est plate et rectiligne à en dormir sur le vélo. Autour de nous, sous forme de terre labourée ou de grandes plaques, du sel à perte de vue. Notre bivouac est rudimentaire : un surface juste suffisante pour mettre nos 2 sacs de couchage. Par contre, le couché du soleil nous offre un fabuleux spectacle en enflammant les sommets de la chaîne de volcans qui nous fait face.

La matinée suivante, la même route de sel nous conduit facilement à Peine, village au milieu d’un oasis aux rues calmes et ombragées. Ravitaillés et reposés nous continuons notre route vers le Parc National de los flamencos. Nous arrivons pour le coucher du soleil et le garde nous offre une pièce pour dormir et nous laisse seul avec les flamants roses qui ne cesseront de jacasser toute la nuit. A la fraîche, nous leur rendons visite et ils nous présentent leurs plus belles couleurs au contact des premiers rayons de soleil. Nous quittons cet endroit paisible et par la même occasion le salar d’atacama pour rejoindre la civilisation et le village de San Pedro de Atacama. Haut lieu du tourisme chilien et internationnal, San Pedro a su garder un minimum d’authenticité avec son architecture au mur de terre et ses rues poussiéreuses. Nous rencontrons ici 2 cyclistes, Roberts et Christophe, et passons la soirée ensemble dans la vallée de la Luna. Depuis ces dunes de sable, nous prenons la route vers les geysers del Tatio.

Geysers del Tatio, 4 jours, de 2400 à 4500 d’altitude, de-12ºC à 30ºC.

Nous avons des difficultés à obtenir des informations précises sur la route et les possibilités de ravitaillement mais nous apprenons quand même qu’il nous faudra franchir 2 cols à 4500m d’altitude, que la température peut atteindre les -20ºC et qu’il ne sera pas difficile de trouver de l’eau puisqu’il vient de neiger… En deux jours, nous parcourons 40km (une moyenne de 4km/h…), et montons de 2000m en altitude.

Le jour suivant, le chemin se transforme en piste de sable, les effets de l’altitude pompent mon énergie et ma motivation, le moindre effort fait raisonner mon cœur violemment dans ma tête, les cols sont parmi les plus difficiles jamais rencontrés (l’un d’entre eux s’appelle : « cuesta el diablo » ) et me contraignent à pousser difficilement mon vélo pendant parfois plusieurs kilomètres. C’est à ce moment que Erika et Bruno, à bord de leur camping car « Mercedes Unimog » nous proposent un coup de main pour les derniers kilomètres. Confortablement installé sur de larges banquettes, nous atteignons facilement el Tatio.

Les geysers, situés sur un plateau à 4300m sont entourés d’un cirque de volcans culminant à plus de 5000m d’altitude. Ils crachent en permanence une eau à plus de 85ºC, réchauffée par le magma souterrain qui remonte proche de la surface de la terre par le biais de fissures. Nous sommes seuls et profitons allègrement d’une retenue d’eau chaude alimentée par plusieurs geysers. Le site est parfait pour camper : de l’eau chaude en permanence, une piscine chauffée pour nous tout seul dans un paysage grandiose, et même un coin cuisine (voir photo) ! Mais hélas les nuits sont fraîches et le thermomètre descend largement en dessous de zéro dès que le soleil s’enfuit. Ces nuits froides clouent Tim dans la tente au matin du 3º jour. Je demande à des touristes chiliens s’ils peuvent nous déposer à San Pedro avec leur pick-up et en 2 heures nous sommes de retour dans notre camping de la semaine dernière. Tim y dort pendant un jour et demi et nous choisissons, pour la suite de nos aventures de louer une jeep pour nous rendre en Bolivie : 2 jours de Jeep à la place de 8 jours de vélo…

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Vallée de la luna

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Campement dans la vallée de la Luna

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Route de sable, le bonheur des cyclistes chargés…

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Tim ex-star du BMX.

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La route vers les geysers el tatio

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Cuesta el diablo, ma pire journée à vélo…

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4000m d’altitude… et à vélo !

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Paysage d’altiplano à 4500m

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Balade à vélo près des geysers

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Balade à vélo près des geysers

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Geyser

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Couleurs volcaniques.

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Bain à 4300m d’altitude alors qu’il fait 3ºC dehors !

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Les geysers au petit matin

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-12ºC …. Ça pelle !

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Coin cuisine

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On a les glaçons pour le pastis !

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De Santiago vers le désert

Dimanche, mai 1st, 2005

Santiago , ses rues bruyantes, ses belles filles, ses hommes en costard, ses rues nettoyées de toute pauvreté apparente, ses places surplombées de drapeaux tricolores, ses deux collines en plein centre ville, ses vieux quartiers, ses grands immeubles modernes… mais aussi sa pollution omniprésente, son cirque de montagnes qui l’entoure restant invisible derrière le fameux « fog », ses quartiers périphériques laissés à l’abandon, le stress de la capital et la nonchalance de ses habitants pressés.

Le Chili prend le chemin du modèle américain et Santiago en est le meilleur exemple avec ses drapeaux flottant à chaque coin de rues. Pour ma part, Santiago est une transition, une étape dans mon voyage et une pause bien méritée. Ce break d’une semaine recharge mes batteries et me permet de réparer Mitch’ qui avait besoin d’un check-up complet. Je suis chouchouté chez Roberto et sa famille qui m’ont gracieusement offert une chambre pour moi tout seul, le grand luxe ! Je suis tout de même content de quitter Santiago pour reprendre la route.

De Santiago vers le désert :
Depuis Santiago, je choisis de longer la côte et laisse de côté la cordillère des andes pour plus tard. J’emprunte la panaméricaine, route mythique qui remonte tout le Chili depuis le sud mais je m’écarte de cette autoroute au trafic intense à plusieurs reprises.

Le premier écart m’amène à Valparaiso, ville historique qui fût la ville la plus importante du Chili jusqu’à l’ouverture du détroit de Panama qui stoppa définitivement son activité portuaire. Aujourd’hui Santiago a repris le dessus mais Valparaiso a su garder son charme : des maisons se chevauchent les unes au dessus des autres en escaladant des collines qui font face à l’océan. Pour rejoindre les hauteurs de la ville, il faut emprunter des ascenseurs extérieurs imposant et décorant astucieusement la ville ou encore, pour les plus sportifs, enjamber des escaliers rivalisant de longueur avec ceux de Dubrovnik. En continuant vers le nord, je traverse Viña del mar, ses quartiers bourgeois et ses rues propres, pour rejoindre la côte d’azur Chilienne (heureusement désertée en automne).

Quelques jours de nouveau sur la routa cinco (panaméricaine) me permettent de rejoindre La Serena et Vicuña. Cette région (celle du pisco : alcool favori des chiliens) bénéficie d’un climat privilégié : une vallée fertile et verdoyante contrastant avec des montagnes pelées d’aridité.   C’est dans cette vallée que l’on trouve les meilleurs fruits du Chili et c’est également dans cette vallée que les nuits sont les plus clairs au monde. Quelques observatoires s’y sont donc logiquement installés et je visite celui de Mamalluca pour observer Saturne et ses anneaux, Jupiter et ses satellites et enfin la Lune et ses cratères.

Sur la route de nouveau, je laisse derrière moi les dernières vallées verdoyantes du Chili pour commencer la remontée vers le désert d’atacama. A quelques kilomètres de la routa cinco, je traverse un parc national perdu dans la sécheresse des montagnes du nord du Chili. Il contient comme seul et unique végétation : des cactus brûlés par la chaleur… Jusqu’à Antofagasta, séchant comme un lézard, je roule sur des chemins où l’esprit s’évade et la pensée se perd, faute de références visuels et auditives. Je me retrouve par hasard au pied de l’observatoire le plus grand du monde ( www.eso.org ), isolé de toute civilisation et de toute pollution de lumières. Par chance je me fond dans un groupe le visitant aujourd’hui même (il faut normalement réserver avec 3 semaines d’anticipation) et je découvre ici les prouesses technologiques que l’homme accomplit pour réaliser ses rêves.

J’arrive à Antofagasta sous la pluie et les éclairs (la dernière pluie date de 1999…), qui plongent la moitié de la ville dans l’ obscurité (panne d’ électricité dû à la pluie). Je me faufile dans le noir à la recherche de Tim, cycliste allemand que j’ai rencontré en Argentine. Je le retrouve facilement dans un bar et, autour d’une cerveza, nous mettons nos plans en commun pour traverser le désert et le salar d’atacama en direction de la cordillère des Andes et de la Bolivie.

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La fille de Roberto : ma prof d’espagnol.

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Jardin zen pour les stressés de la capitale.

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Kiosque à journaux

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Le vieux Santiago

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Le fameux fog… en face : les Andes. Mais rares sont les jours où les habitants de Santiago peuvent les voir.

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Les fameux joueurs d’échec sur la place centrale

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Le Montmartre de Santiago

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Jean-Paul II est mort, un drame en Amérique du sud.

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Quartier moderne de Santiago.

Pour le reste : pas de photos… Canon répart tranquillement mon appareil photo depuis 1 mois déjà…

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