La Bolivie est un pays fatiguant. Le climat est dur, les gens sont timides et s’ouvrent difficilement aux « gringos » et les journées sont courtes. Je suis toujours avec Tim et notre équipe se porte bien, c’est rare de voyager plus d’un mois avec quelqu’un sans aucun accrochage. Nous laissons le vélo de côté pour nous rejoindre La Paz, capitale économique. L’arrivée offre une vue inoubliable, la ville se situe entre 2800m et 4100m d’altitude et est entourée de sommets enneigés culminant à plus de 6000m (dont le Huayna Potosi : http://www.visiontourdeterre.com/Default.asp?id=46 )! La nuit passée dans le bus n’a pas été de tout repos. Les centaines de kilomètres de détours à travers des pistes de graviers, pour éviter les barrages routiers, m’ont empêché de dormir. Je suis d’une humeur exécrable et les premiers coups de pédale dans La Paz n’arrangent rien. La découverte d’une nouvelle grande ville est toujours un grand moment de stress. Heureusement, armé de mon espagnol (suffisamment correct pour parler maintenant sans les mains), je réclame ma route aux visages les plus bienveillants.
Viens ensuite la découverte de la ville, sans vélo cette fois-ci c’est plus discret. Même dans la capitale, tout se vend et tout se vit dans la rue. Ce n’est donc pas facile de trouver ce qu’on cherche, surtout dans le cas particulier de vouloir réparer son appareil photo (expérience vécue par Tim).Il faut tout d’abord tenter sa chance auprès du gérant de l’auberge, d’un chauffeur de taxi ou encore d’un passant quelconque qui vous indiquera toujours un endroit où aller… dans lequel vous ne serez pas surpris de trouver de tout sauf le dit magasin. Fort heureux d’avoir croisé sur votre chemin un magasin de photos, vous retournez sur vos pas, plein d’espoir, mais hélas celui-ci ne vend que des pellicules… mais la gérante, très sympathique, vous envoie vous perdre dans un nouveau quartier (c’est aussi le meilleur moyen de visiter la ville !). La solution, l’unique d’ailleurs, est de rester très patient et de continuer sa quête jusqu’à trouver le bon. Mais hélas vous devrez y retourner le lendemain, le patron n’étant pas là ! Ici, tout le monde vous aidera et vous indiquera où aller, c’est comme une obligation d’aider quelqu’un même quand on ne connaît pas la réponse. De la même manière, je suis arrivé dans un village après 40km de route au lieu des 80 annoncés pas trois personnes différentes (pas de cartes routières correctes ici !).
Les blocages routiers commencent à cerner La Paz et nous devons sortir de nuit pour les franchir. La route vers les Yungas (région amazonienne) est un paradis pour cyclistes : 80 km de descente en partant depuis des montagnes arides à 4700m d’altitude pour atteindre le début de la jungle à 1500m d’altitude. Je suis comblé de joie en trouvant des arbres, des ruisseaux, des chutes d’eau, des fruits, des fleurs, des papillons, des animaux, mais hélas des moustiques également… A la fin de cette agréable route, nous découvrons le village de Coroico. Surplombant quelques collines débordant de verdure, cette petite ville charmante nous accueille avec calme. Hélas, les grèves redoublent de participants et les blocages atteignent maintenant la région des Yungas, jusqu’ici resté tranquille. La Bolivie est au bord de la guerre civile et c’est alors que nous décidons de la fuir. La Paz est totalement encerclée par les bloceos mais nous réussissons à y retourner avec l’un des derniers bus. Nous apprenons alors qu’il est impossible de sortir en direction du Pérou, mis à part à vélo ou à pied : quelle aubaine, la route est à nous ! Nous pédalons deux jours sans aucune voiture, mis à part les quelques centaines de camions remplis de paysans en colères se rendant à La Paz. Les villages sont désertés et tout le pays est fermé. Les blocages routiers sont les seuls inconvénients : de plus en plus haut et de plus en plus nombreux, ils nous empêchent de profiter de certaines descentes et nous obligent à porter nos vélos. Je suis heureux d’arriver au Pérou et de retrouver un peu d’animations dans les rues (autres que des manifestations).

Une des nombreuses manifestations dans La Paz. Réfugié au deuxième étage dans un restaurant Chinois, un manifestant jette une pierre en direction du gérant. Les manifestants ne tolèrent pas que certains travaillent.

Début de la descente vers les Yungas. Pas de végétation, je suis à plus de 4500m d’altitude. Cette route est surnommée “la route de la mort”.

80km/h… puis repos et parties d’échec.

descente vers les Yungas, suite.La végétation arrive.

Tim sur la route de la mort

Toujours la même route… toujours en descente, le bonheur.

régime de banane Fleur appelée “la justice”. Elle ne fait pas de fruit et ne sert à rien d’autre qu’à décorer…

Café

La fameuse feuille de coca. Elle est consommée librement ici et depuis des centaines d’années. Le problème est ce que l’on en fait par la suite.

Famille de papillons se faisant dorer la pilule.

Depuis Coroico, l’amazonie n’est qu’à quelques kilomètres, tout au fond.

Retour à La Paz

Nous sommes enfin sortis de La Paz après quelques dizaines de barrages routiers de ce type. Nous ne savons pas encore qu’une centaine d’autres nous attendent.

La route appartient aux piétons et cyclistes !

Voici les camions chargés de manifestants se rendant à La Paz. Nous en croisons au moins cent, tous remplis à ras bord.

Première vue du lac Titicaca.

Lac Titicaca

Le plus grand problème de Tim en Bolivie : la taille des lits.

Lac Titicaca, perché à 3800m d’altitude. Il fait froid, encore et toujours.

Drapeau de la révolution bolivienne.

Les barrages sont de plus en plus haut et nous bloquent brutalement dans les descentes.

Voici le plus beau : environ 1m 50 et couvrant toute la largeur de la route !

Copacabana, à ne pas confondre avec la plage du Brésil

En attendant Tim, parti faire un tour sur “l’isla del sol”, ce sympathique paysan me propose un tour sur sa barque.

Les femmes de Bolivie sont toutes vêtues de ces robes et portent des ponchos dans lesquels elles transportent leurs affaires ou leur enfant.


Au coin de la rue à Copacabana.

Lac Titicaca avec au fond la chaîne de montagnes dont le Huayana Potosi. Celles-ci se situent à plus de 200km.

Roseaux séchant en vue d’être transformés en bateau.